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Milieu carcéral

Monshipour prof à l'ENAP

Milieu Carcéral
Le 18 Juillet 2016

 

L'ancien champion du monde de boxe Mahyar Monshipour est venu animer une formation au profit des moniteurs de sport en prison. Ou comment faire intelligemment boxer les détenus.
 
 
Trois jours de formation à la boxe avec un ancien champion du monde WBA : les profs de sport de la pénitentiaire sont vernis ! Photo Jean-Michel Mazet
 
L'École nationale de l'administration pénitentiaire (Enap) forme chaque année des centaines d'élèves surveillants, mais également des officiers, des directeurs de prison, etc., aux différents savoir-faire nécessaires à la gestion d'un environnement carcéral. Le prisme des formations est très large, et il comporte également un volet sportif. À ce titre, un intervenant «de luxe» est venu animer un stage à Agen ces jours derniers : l'ancien champion du monde de boxe Mahyar Monshipour. Le service des sports de l'Enap est ce qu'on appelle « une grosse machine », puisqu'il voit passer chaque année dans son gymnase d'Agen quelque 1 500 élèves, de tous grades, qui viennent s'entraîner au sport mais aussi se roder aux techniques d'intervention, à la prévention des violences et à la gestion des situations de crise. Des cours qui vont du « menottage » d'un détenu, aux techniques de self-défense, aux modes d'intervention dans une cellule, etc.
 
Formés par des experts
 
La quinzaine de fonctionnaires composant le service des sports de l'Enap forme également les moniteurs de sport en milieu carcéral. Ces derniers (déjà très affûtés physiquement) viennent apprendre comment on encadre les détenus lorsqu'ils font du football, du volley-ball, etc. « Outre ces deux disciplines, explique les responsables du service, on pratique également la musculation, le badminton, le handball, le basket-ball, l'athlétisme et la boxe dans les prisons françaises. Nos formations s'adressent aux agents moniteurs de sport, et abordent notamment les notions de sécurité en milieu carcéral, les contraintes de l'environnement, et il nous arrive de faire intervenir des consultants extérieurs à notre administration, des experts en quelque sorte, dans le cadre de partenariats liant la Justice à des fédérations sportives ».
 
Une première à l'Enap
 
Ainsi, début juillet, et pour la première fois, l'ancien champion du monde de boxe Mahyar Monshipour est venu animer une formation de trois jours, ciblée évidemment sur le noble art. Ses élèves ont littéralement bu ses paroles, tant le prof est prestigieux ! L'encadrement de l'Enap a également soigné l'accueil de cet hôte pas banal. Il est vrai que son palmarès inspire le plus grand respect, avec 37 combats professionnels, dont 31 victoires (21 par K.-O.). Champion de France, d'Europe, puis champion du monde WBA en 2003 (poids super-coq), il a combattu chez les pros de 1996 à 2009. Aujourd'hui âgé de 40 ans, il est l'un des cadres de la Fédération française de boxe. « Il a un formidable vécu, une grande expérience du ring, explique-t-on à l'Enap. Il est déjà intervenu en milieu carcéral, et il est doué d'un vrai sens de la pédagogie. Il s'agit d'une formation courte, pour initier les moniteurs de sport aux techniques essentielles de la boxe, qu'ils apprennent à encadrer un échauffement, une séance de retour au calme, entre autres points. Quand ils seront de retour dans leur unité de rattachement, ils pourront faire boxer des détenus en toute sécurité, et poursuivre les formations en faisant pourquoi pas intervenir un autre prof vacataire ».
 
« Pas pour taper sur les surveillants... »
 
« On peut rapidement appréhender la boxe, explique de son côté Mahyar Monshipour. Mes élèves de l'Enap sont des sportifs généralistes et la discipline leur est totalement ouverte. Ils doivent surtout maîtriser un socle de connaissances, et je suis là pour ça. C'est avant tout boxer dans la sécurité ; posséder un peu de technique ; intégrer la dimension de duel, ce face-à-face ni trop près ni trop loin ; utiliser les armes (les poings gantés) sur la cible (la zone tête et tronc) ; placer des coups balistiques ». « En milieu pénitentiaire, on est sur la boxe assaut, donc on ne tape pas sur un sac de sable, ajoute l'ex champion du monde. Dans les duels on ne fait donc pas semblant, mais on ne nuit pas à l'intégrité physique. Il faut donc avancer par étapes, ce qui permet notamment de maîtriser l'agressivité. C'est d'ailleurs ce que recherchent les détenus et les surveillants. La boxe (qui est un sport très pratiqué en milieu carcéral avec le foot et la musculation), ça n'est pas fait pour frapper le surveillant… On est au contraire dans la maîtrise, dans la codification de l'agressivité, et aussi dans l'affirmation de soi. Pour des détenus, boxer c'est aussi s'évader ». Les tensions sont parfois vives entre détenus, la boxe repose aussi sur un rapport entre dominant et dominé, et Mahyar Monshipour a donné, outre l'aspect technique du noble art, d'autres clés de compréhension de la boxe à ses élèves agenais. La formation s'est achevée par un succès complet, et ce partenariat sera prochainement reconduit.
 
Crédit : La Dépêche.fr

 

 

 

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