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CFA seniors hommes

Graines de star

Boxe olympique
Le 20 Février 2017

 

La 109e édition des finales des Championnats de France amateurs (CFA) seniors masculins, qui s’est tenue le 18 février, à Toulouse, a répondu aux canons du genre : l’émergence de nouveaux talents en cette année post olympique. Veuillez retrouver le replay des finales du CFA SH 2017 : plus
 
 
Plus jeune champion de France 2017, Billal Bannama (-49 kg), dix-huit ans, a fait forte impression pour sa première participation aux CFA seniors. Il a en effet remporté la seule victoire avant la limite de cette réunion pugilistique en dominant par KO technique (2e) Jean-François Savarino, électrocuté par une combinaison crochet gauche au menton - uppercut au corps. Le Blagnacais s’est ainsi adjugé sa cinquième ceinture nationale consécutive depuis son premier titre en cadets, en 2013. Pensionnaire du pôle France jeunes de Nancy, il vise une participation aux JO de Tokyo en 2020.
 
 
En -64 kg, Yanis Menah a lui aussi l’âge de la maturité. Il a également réussi la transition juniors-seniors en venant très difficilement à bout de Wahid Hambli qui a fait jeu égal avec lui tout au long d’un duel qui s’est essentiellement déroulé à mi-distance.
 
 
Autre jeune espoir de la Patrie, Nurali Erdogan (-69 kg) qui, en dépit d’une baisse de régime au cours de la deuxième partie de combat, l’a emporté sur le fil aux dépens de Medi Boufoudi en tirant parti de sa puissance supérieure. A 19 ans, l’Alsacien, membre de l’Insep, aspire à marcher sur les traces d’un certain Souleymane Cissokho, lequel lui a d’ailleurs remis sa ceinture.
 
 
Son compère de l’Insep, Malik Nahim (-52 kg), vice-champion du monde universitaire il y a quelques mois, a fait le plein de confiance en dominant avec aisance Julien Billard.
 
 
Le musculeux petit dernier de la famille Frénois-Thomas n’a en effet travaillé qu’en puissance et essentiellement au corps quand le Clermontois, plus mobile et fluide gestuellement, a varié les zones de frappe et déployé, grâce à son bagage technique nettement supérieur, une boxe plus variée et plaisante.
 
Jordan Rodriguez meilleur boxeur de la soirée
 
Cependant, la palme de la prestation la plus aboutie revient à Jordan Rodriguez (-56 kg), désigné meilleur boxeur de la soirée et qui a réalisé un festival devant l’Istréen Riad Labidi.
 
 
Ses décalages et ses esquives autant que la panoplie de ses coups, le plus souvent en mouvement, lui confèrent le potentiel pour être l’un des futurs leaders des Bleus même s’il a parfois un peu tendance à tomber dans la facilité et donc à s’exposer. Barré par Kedhafi Djelkhir, il n’avait pas eu l’opportunité de se qualifier pour les Jeux de Rio. A présent, Ie protégé de Papou Ouajif au Ring Berjallien s’imagine en découdre à ceux de Tokyo.
 
 
Un scénario qui conviendrait à Bamba Bengoro (-75 kg) qui a exploité son allonge supérieure pour dominer Lancelot Proton de la Chapelle, visiblement paralysé par l’enjeu et qui ne s’est jamais vraiment libéré. Plus actif et touchant nettement, en particulier avec son bras avant, le Francilien, bronzé aux derniers mondiaux universitaires, est en train de franchir un cap.
 
 
Tout comme Khalil El Hadri (-60 kg) qui a fait parler sa puissance et son cardio aux dépens de Lounès Hamaraoui. Brillant techniquement et toujours aussi rapide de bras, ce dernier a toutefois eu le tort de trop gérer et de ne remiser que sporadiquement. Son vainqueur ambitionne à présent d’emmagasiner de l’expérience au sein de la franchise WSB des Fighting Roosters.
 
 
Chez les hommes forts, Kevin Lele Sadjo a détrôné, en -81 kg, Bakary Mamadou Diabira, son acolyte de club. Pour cela, fidèle à lui-même, il a effectué un pressing constant et collé son vis-à-vis pour lui asséner des crochets larges qui ont fréquemment atteint leur cible. De son côté, le tenant a également fait ce qu’il fallait en tournant et en esquivant au maximum. But de la manœuvre : prendre ses distances, histoire de déployer ses longs segments. Il y est parvenu mais les juges ont privilégié le débit de coups de son rival.
 
Des championnats d’Europe et du monde au programme
 
Configuration identique en finale des -91 kg, laquelle a vu Kevin Kuadjovi revenir au premier plan après trois ans d’interruption pour cause d’emploi sur une plate-forme pétrolière.
 
 
Contraint de se défaire du marquage du trapus et vaillant Avignonnais Michaël Robert, l’Asniérois a en effet été suffisamment lucide pour ne jamais accepter jamais le bras de fer de près. Au contraire, il a reculé en désaxant afin de pouvoir passer sa droite. Toutefois, Michaël Robert lui a donné du fil à retordre en avançant sans cesse et en ne se démontant pas devant le Francilien dont la qualité de puncheur est connue. Reste qu’à trente printemps, Kevin Kuadjovi, ingénieur de formation et père de famille, cherche un poste qui soit compatible avec la pratique de la discipline au plus haut niveau, faute de quoi, il a l’intention de délaisser définitivement le noble art…
 
 
Enfin, en +91 kg, Djamili Dini Aboudou s’est succédé à lui-même en venant à bout d’Emery Pierre Kombo. Plus petit, le Nordiste, d’une surprenante mobilité et rapidité gestuelle, a fait la différence sur les bulletins des officiels en délivrant de percutantes séries au visage et, plus largement, les coups les plus nets tandis que son rival semblait peiner à trouver la solution tactique. Néanmoins, l’un comme l’autre demeurent encore loin des exigences du niveau international.
 
 
Nul doute, d’ailleurs, qu’à l’orée de cette nouvelle olympiade, l’heure est à la détection, à la reconstruction et la constitution d’un nouveau collectif. Une année de transition qui ne le sera pas en matière de calendrier puisque des championnats d’Europe espoirs (-22 ans) mais aussi seniors ainsi que des Mondiaux sont programmés. Sachant que ces compétitions majeures sont désormais ouvertes à tous les boxeurs sans distinction, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Ce qui induit une concurrence accrue mais aussi un éventail de choix plus étoffé pour le comité de sélection.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédits images : Patrick Urvoy

 

 

 

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