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World Series of Boxing

Les Coqs se rebiffent

Boxe professionnelle
Le 12 Mai 2017

 

Le 11 mai, à Paris, la franchise française WSB a préservé ses chances de se qualifier pour les demi-finales de la compétition en battant à l’énergie les British Lionhearts sur un score (3-2) qui ne leur laissera guère le droit à l’erreur lors du match retour.
 
 
« On a un peu le trac », souriait Brahim Asloum avant que ne débute la soirée. Le patron des Fighting Roosters se félicitait que l’objectif initial ait été atteint, en l’occurrence une qualification pour les play-offs. Afin d’aller plus loin et de prendre le dessus sur les sujets de Sa Gracieuse Majesté, il avait un maître-mot, le plaisir, celui à prendre dans la superbe salle Wagram.
 
 
 
Samuel Carmona Heredia (-49 kg) appliquait la consigne à la lettre et débutait parfaitement son duel contre le fausse-garde britannique Yafai Gala. Si c’est ce dernier qui avançait, c’est l’Espagnol qui avait la plus belle attitude en boxant intelligemment et en reculant en bon ordre. Il désaxait parfaitement et ses contres, du bras arrière et en uppercut, faisaient mouche. Ne se laissant pas engluer par le pressing constant de son adversaire, il se montrait précis techniquement et concluait la plupart des actions. Invaincu jusque-là en WSB cette saison, Yafai Gala, qui semblait nourrir un certain complexe de supériorité, était obligé de se découvrir dans l’ultime reprise qu’il remportait grâce… aux deux points de pénalité infligés à l’Ibère pour pertes répétées de son protège-dent. Néanmoins, au terme d’une magnifique prestation, Samuel Carmona Heredia créait la surprise et l’emportait à l’unanimité (48-45, 47-46, 48-44).
 
Samuel Kistohurry au bout de lui-même
 
Samuel Kistohurry (-56 kg) lui succédait pour défier Peter McGrail. Misant sur son allonge supérieure, il débutait en étant fidèle à lui-même. Sa boxe était en effet fluide et élégante, ses coups précis, ses contres chirurgicaux. En revanche, il avait trop tendance à enclencher la marche arrière dans l’axe et à se découvrir, ce qui l’empêchait de tirer tout le parti de son entrain. En outre, il partait souvent de (trop) loin pour véritablement faire mal à l’Anglais, un peu frustre techniquement mais qui ne cessait d’avancer. Après un passage à vide dans les troisième et quatrième reprises aux cours desquelles il ne se montrait pas suffisamment incisif et se laissait trop accrocher à force d’accepter la confrontation de près, l’Aquitain se ressaisissait dans l’ultime opus, seule solution pour faire reculer Peter McGrail. Allant au bout de lui-même sans se désunir, il prenait l’ascendant physiquement et marquait de précieux points synonymes de succès sur le fil (48-47 46-49, 49-46).
 
 
 
 
Hassan Amzile (-64 kg) savait quoi attendre de Conor Loftus, lequel n’avait qu’une idée en tête, étouffer le Rueillois en étant toujours sur lui et en frappant sous tous les angles, qu’importe si ce n’était pas toujours de manière académie. Dans le premier round, le Francilien trouvait la parade en étant suffisamment mobile pour en découdre à distance et passer ses longs segments, que ce fusse en direct ou en uppercut. Mais la suite n’était malheureusement pas du même acabit dans la mesure où le membre de la Team Solide se délitait au fil des minutes, cherchant un deuxième souffle qu’il ne trouvait pas. Si bien qu’il était contraint d’accepter le combat voulu par une Conor Loftus qui, lui, ne faiblissait pas et s’en donnait à cœur joie en corps-à-corps. La supériorité technique d’Hassan Amzile ne lui était pas d’un grand secours dans la mesure où l’Anglais était le plus actif et débitait des coups courts qui incitaient logiquement les juges à le déclarer gagnant (47-48, 46-49, 47-48).
 
Rachid Achoui, la délivrance
 
Rachid Achoui (-75 kg) savait ce qu’il lui restait à faire devant Luka Plantic. Hélas, il tardait à rentrer dans le vif du sujet et ne lâchait les chevaux qu’à compter de la deuxième reprise. Il se mettait à cadrer son vis-à-vis mais les juges tardaient à acter ses bonnes résolutions. Qu’importe, le protégé de Youssef Barit ne se décourageait pas et s’obstinait à raison. Attaquant tout en restant bien protégé derrière ses mains hautes, il ne confondait pas vitesse et précipitation. Son cardio à toute épreuve lui permettait de débiter des frappes lourdes des deux mains tout en variant les zones de frappe. Dans la cinquième reprise, le Croate était au bord de la rupture et ne répliquait plus. Pire, il ne parvenait pas à esquiver la grêle de coups qui s’abattaient sur lui de toutes parts. L’arbitre se résolvait à le compter avant que son coin n’ait la sagesse de jeter l’éponge pour le protéger. Un succès avant la limite qui offrait la victoire aux Fighting Roosters.
 
 
 
L’ultime match mettait aux prises Kevin Kuadjovi (-91 kg) et David Kieran Nyika. Puncheurs, les deux hommes prenaient le temps de s’observer avant de déclencher. Le champion de France était animé des meilleures attentions mais il attaquait de trop loin et frappait dans le vide. Plus grave, il se découvrait considérablement ne songeant qu’à faire parler sa puissance. Le Néo-Zélandais, un tantinet flambeur et chambreur, était suffisamment mobile pour ne pas risquer le pire et assez fin techniquement pour délivrer des jabs du gauche avant de laisser parler son bras arrière. De son côté, le Francilien remettait son ouvrage sur le métier mais se montrait trop prévisible pour faire la différence. D’autant que défensivement, sa main gauche trop basse lui jouait des tours. Après avoir encaissé des droites de plein fouet, il était compté par l’arbitre dans la troisième. N’ayant pas récupéré, le coin tricolore jetait, à juste titre, l’éponge.
 
 
 
Heureusement, l’essentiel était fait : en gagnant d’une courte tête, les Coqs combattants sont toujours en position de réaliser un exploit, le 20 juin prochain, outre-Manche, quand bien même n’auront-ils aucune marge de sécurité.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit images - Karim de la Plaine

 

 

 

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