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Boxe professionnelle

Maïva, l'incompréhension

Boxe professionnelle
Le 19 Mai 2017

 

Le 18 mai, la Clichoise (17 v, 1 d) a aisément conservé sa ceinture IBF des super-plumes en dominant avant la limite l’Argentine Anahi Esther Sanchez (15 v, 2 d). Ce qui n’a pas empêché le public du Cirque d’Hiver de siffler. Injuste.
 
 
Elle est ce qu’elle est et c’est là tout son mérite. Elle ne ment ni ne se ment. Elle ne sera jamais une styliste et ne fait pas de fioritures. Dans un sport qui les tolère rarement, c’est plutôt une vertu cardinale. Souvenir aussi d’un passé tout au long duquel pas grand-chose ne fut simple. Face à l’Argentine, Maïva Hamadouche n’a pas dérogé à sa règle. Celle dont le surnom est Le venin a inoculé d’entrée son poison à la Sud-Américaine, déjà éprouvée à la fin de la première reprise, au moment de revenir dans son coin. Vaillante, la visiteuse a fait illusion en voulant rendre coup pour coup à la tenante. Mais il était dit qu’elle n’avait nullement les moyens de ses ambitions. La Française, elle, respectait imperturbablement son plan de marche : avancer encore et encore en martelant sa rivale d’abord au corps pour la contraindre à baisser la garde puis au visage avec des crochets que la challengeur encaissait de plein fouet. Certes, la tenante du titre retombait aussi dans un travers qu’elle peine à réprimer : elle se découvre quand elle a fait le pressing et qu’elle opte pour l’affrontement de prêt. En effet, il n’est alors pas rare qu’entre deux séries, elle se fasse contrer. Anahi Esther Sanchez y est d’ailleurs parvenue mais bien trop sporadiquement.
 
La lie du calice vira à l’aigre-doux
 
Cependant, la puissance de Maïva Hamadouche a eu raison de ses velléités. Cherchant un second souffle qui ne venait pas puis ouverte à l’arcade sourcilière droite, elle n’avait d’autre solution que de s’accrocher et de boxer de manière guère académique pour tenter d’endiguer l’ouragan qui s’abattait sur elle. Après une première glissade au bénéfice du doute, la native de Buenos-Aires fut logiquement comptée deux fois dans la troisième reprise, le compte debout étant autorisé pour les féminines en IBF. Dans la quatrième, suite à un choc de têtes involontaire, la visiteuse était de nouveau blessée et saignait abondamment. Après avis médical, l’arrêt des débats s’imposait d’autant que l’issue de la confrontation semblait scellée. Nullement soucieux de l’intégrité physique de sa boxeuse, le camp latino était furieux de la décision de l’arbitre et réclamait en vain une disqualification de la Francilienne qu’il accusait d’avoir donné un coup de casque délibéré…
 
Mais la lie du calice vira davantage encore à l’aigre-doux lors de l’énoncé du verdict, quand Maïva Hamadouche fut inexplicablement prise en grippe par une partie des spectateurs. Au point que son promoteur Malamine Koné, par ailleurs organisateur de la soirée, dut monter sur ring pour mettre les choses au point et réitérer son soutien à sa championne en rappelant tout bonnement qu’elle n’avait strictement rien à se reprocher et qu’elle avait réalisé le combat qu’il fallait. De retour au vestiaire, l’intéressée, visiblement dépitée, oscillait entre fatalisme et colère, ne percevant nullement les motifs d’une telle ire. Elle avait au moins une raison de se réjouir : sa prochaine échéance devrait être une réunification de titre. L’événement aura normalement lieu à la rentrée, dans l’Hexagone. En espérant qu’elle n’aura pas à endurer une nouvelle déconvenue de ce genre.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit photos : Denis Boulanger Presse Sports

 

 

 

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