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Boxe professionnelle

Kalenga échec et mat

Boxe professionnelle
Le 11 Septembre 2017

 

Le Franco-congolais (23 v, 4 d) s’est incliné aux points (116-113, 115-113, 111-117), le 9 septembre, à Johannesburg, face au Sud-Africain Kévin Lerena (19 v, 1 d), ceinture IBO des lourds-légers vacantes en jeu mais surtout officieuse demi-finale mondiale dont le vainqueur peut espérer avoir une opportunité planétaire. A vingt-neuf ans, l’avenir s’obscurcit pour le Nordiste.
 
 
« There is one killer » (« Il n’y a qu’un tueur ») : c’est au son de cette prophétie musicalisée que Youri Kalenga faisait son entrée sur le ring de l’Emperors Palace. Pour se relancer, il avait mis tous les atouts de son côté : il était arrivé sur place dix-sept jours avant le combat, conclu tardivement, fin juillet, afin d’assimiler les effets de l’altitude, et avait parfaitement géré sa descente de poids, contrairement à son rival auquel il restait deux kilos à perdre quelques jours avant la pesée.
 
Mieux, il semblait métamorphosé dès que le gong retentissait. En effet, contrairement à ses anciennes habitudes, il partait à l’abordage sans se disperser et de manière parfaitement coordonnée. Aucun coup dans le vide, une fougue canalisée et un travail au corps qui incitait Kévin Lorena à s’accrocher. Seul bémol, un main droite trop basse et ramenée insuffisamment vite, ce qui l’exposait aux contres du fausse-garde sud-africain, lequel touchait donc à satiété avec son bras arrière. Au fil des minutes, El Toro continuait néanmoins à charger sans se jeter, en donnant de séries et en imposant des variations de rythme. Le Springbok était d’ailleurs coupé au-dessus la pommette mais également à l’arcade sourcilières gauches dès le troisième round. Signe que les droites de Youri Kalenga faisaient mouche. Étouffé par la puissance de son adversaire, le local boxait sur le reculoir, en contre-attaque, conscient que d’aller à la bagarre eut été bien trop risqué et périlleux.
 
Un second souffle qui n’est pas venu
 
Bien que dominant, le natif de Kinshasa avait néanmoins le tort de ne pas suffisamment enfoncer le clou et de se laisser quelque peu endormir par un faux rythme. Bref, il n’en faisait pas assez pour se mettre à l’abri d’un verdict maison à son détriment. Son coin attendait de lui qu’il emballe la confrontation en enchaînant plus souvent afin de véritablement bousculer son jeune contradicteur. Hélas, il n’y parvenait pas et, au contraire, encaissait des crochets gauches qui faisaient mauvais genre et donnaient la fâcheuse impression que le SudAf était le plus précis. Le sociétaire de l’ABC Calais se montrait nettement moins explosif et entreprenant que lors de ses précédentes sorties. Au fil des reprises, il paraissait de plus en plus entamé physiquement, cherchant un second souffle qui ne venait pas.
 
 
A force de se déliter imperceptiblement, de ne pas lâcher les chevaux pour de bon et de ne plus délivrer ces coups de boutoir dont il a le secret, le scénario tant redouté devenait cousu de fil. Sans être un foudre de guerre et bien loin d’avoir le niveau planétaire, Kévin Lerena bâtissait sa victoire sans briller, en exploitant avant tout sur les carences de son aîné et… en passant les bras quand il le fallait pour endiguer les rares assauts de Youri Kalenga. Privé malgré lui de son explosivité, ce dernier, sur les talons dans l’ultime opus, n’avait plus l’énergie nécessaire pour faire la différence et abréger les débats.
Les juges ne pouvaient qu’en prendre acte et accorder fort logiquement leurs faveurs à Kévin Lerena. Défait sans être allé au bout de ce dont il est capable, le Franco-Congolais, en instance de naturalisation, donnait l’inquiétante impression de n’avoir pas retrouvé l’intégralité de ses moyens après son très dur échec en championnat du monde WBA par intérim, face au Cubain Yunier Dorticos, le 25 mai 2016, au Palais des Sports de la Porte de Versailles.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 

 

 

 

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