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Boxe professionnelle

Mimoune avec brio

Boxe professionnelle
Le 09 Octobre 2017

 

Mohamed Mimoune (19 v, 3 d) a réalisé un immense exploit, le 7 octobre, en allant détrôner, chez lui, le champion d’Europe des welters, l’Anglais Sam Eggington (21 v, 4 d), vaincu aux points (116-112, 115-113, 112-116).
 
 
Crédit image : Facebook/Mohamed Mimoune
 
On avait quitté Mohamed Mimoune sur une prestation décevante face au Finlandais Jussi Koivula, en mars dernier, à Paris, lors de l’ultime défense de son titre de l’Union européenne. Le Scandinave lui avait en effet fait connaître les affres d’un voyage au tapis et brisé la mâchoire. Disons-le, il fallait que le Toulousain soit sacrément sûr de lui pour aller défier l’Anglais sur ses terres. Certes, les deux hommes présentaient la particularité d’avoir battu l’Espagnol Ceferino Rodriguez, ancien champion d’Europe de la catégorie. Néanmoins, le challenger ne partait pas favori sous les sifflets des spectateurs de la Manchester Arena… qu’il réduisit au silence prestement.
 
Dès l’entame, c’est en effet lui qui imprima au duel sa configuration. Il forçait le Britannique à déclencher le premier pour le contrer et tourner illico sur la droite, évitant ainsi le bras arrière du tenant. D’une grande maîtrise tactique, le Haut-Garonnais s’en tenait à son plan de bataille. En l’occurrence, être systématiquement en mouvement et d’une grande souplesse du buste pour déjouer la plupart des offensives du Britannique. La tâche lui était d’autant plus facilitée que ce dernier négligeait obstinément ses préparations d’attaque et partait à l’abordage de manière trop téléphonée, sans feinter. Surtout, il ne travaillait pas à sa distance, ce qui le contraignait à se jeter et lui faisait perdre beaucoup d’efficacité.
 
Le métier d’un vieux briscard
 
En somme, le fausse-garde français faisait honneur à son nom de scène, The Problem. Très précis, il répliquait de manière chirurgicale, en particulier avec son crochet du bras avant et son uppercut du bras arrière. Toujours aussi peu imaginatif, Sam Eggington donnait l’impression, avérée, de courir en vain après son contradicteur sans parvenir à le coincer dans les cordes. Et les rares fois où ses enchaînements étaient susceptibles de déborder son challenger, celui-ci s’accrochait avec le métier d’un vieux briscard.
 
 
Crédit image : Facebook/Mkevents
 
A la mi-combat, le sociétaire du Boxing Oumiha pouvait rentrer dans son coin en levant le poing. Au fil des minutes, son adversaire perdait de sa fraîcheur physique et s’avérait incapable d’imprimer des variations de rythme et donc d’accélérer. Ses coups larges des deux mains tant à la face qu’aux flancs étaient pour la plupart bloqués par le visiteur, lequel veillait à conserver les mains bien hautes et une garde hermétique. Au contraire du natif de Birmingham qui se découvrait quasiment à chaque fois qu’il prenait l’initiative. L’hématome qui ne cessait de grossir sous son œil droit attestait de sa perméabilité coupable.
 
Une prestation qui virait au récital
 
Les rounds se succédaient et le scénario de la confrontation ne changeait fondamentalement. Jamais en danger ni même sur le reculoir, l’ancien champion de France récitait sa partition sans se désunir ni sombrer dans un quelconque pécher d’orgueil. Sa prestation virait au récital, notamment en raison de sa faculté à désaxer promptement et à être une cible inatteignable pour le British en panne évidente de solution. Le protégé de Mehdi Oumiha savait qu’à condition de ne commettre aucune faute de concentration et de continuer à tirer tout le parti de son coup d’œil, il avait la partie gagnée.
 
Le fait que les juges en attestent, certes par une décision partagée, témoigne de sa performance et de l’ampleur de sa domination. Son succès, qui ne souffre pas la moindre discussion, de surcroît face à un homme de valeur, devrait lui permettre d’intégrer le top dix de plusieurs fédérations mondiales et, à terme, de légitimer de futures ambitions planétaires.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert

 

 

 

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