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CFA féminins

La hiérarchie respectée

Boxe olympique
Le 20 Mars 2018

 

Les finales des Championnats de France amateurs (CFA) féminins, qui se sont déroulées le 24 février, à Saint-Quentin, n’ont pas bouleversé l’ordre établi, loin s’en faut. Faut-il s’inquiéter de ce manque de sang neuf ? Oui et non.
 
 
Delphine Mancini
 
Delphine Mancini (-54 kg) désignée meilleure boxeuse des finales des CFA 2018 : tout un symbole. Non pas que la Francilienne ne méritait nullement pareille distinction, bien au contraire. Simplement, celle-ci est allée à la doyenne de l’équipe de France qui s’est adjugé un septième titre national en seniors, sans trembler mais sans non plus briller outrageusement. Ses qualités habituelles de détermination et de puissance lui ont permis de prendre l’ascendant sur la néophyte Cynthia Lauvergeon sans pour autant creuser un fossé qui l’eût séparé de sa rivale.
 
 
Wassila Lkhadiri
 
Le constat vaut d’ailleurs pour les plus expérimentées du groupe de France. Les succès de Wassila Lkhadiri (-51 kg) aux dépens de Sabrina Flamand et d’Amina Zidani (-60 kg) face à Barbara Havet furent incontestables mais aucunement le signe d’une suprématie réaffirmée. Certes, une finale nationale demeure ce qu’elle est, un moment où, comme diraient nos amis footballeurs, l’enjeu tue le jeu. Oui mais quand même… Comme le souligne Anthony Veniant, entraîneur national en charge du collectif féminin senior, « on aurait pu attendre des prestations un peu plus intéressantes et plus riches pour celles qui sont membres du groupe France depuis un certain temps ».
 
Les pensionnaires du pôle France ont répondu
 
Signe rassurant : les quatre pensionnaires du pôle France de l’Insep avaient répondu présent en se qualifiant pour ce rendez-vous. Trois ont décroché la timbale : Hourria Djalout en -48 kg, Wassila Lkhadiri en -51 kg et Amina Zidani en -60 kg ; une, en l’occurrence, Sophia Nabet (-57 kg) a échoué au pied du Graal, contre Mona Mestiaen, à l’issue de ce qui fut sans doute la confrontation la plus aboutie, la plus relevée et la plus palpitante de la soirée. On glosera longtemps sur le verdict des juges qui ont privilégié la marche avant sans temps mort et les coups lourds de la sociétaire du BC héninois aux contres ciselés et aux moyens défensifs plus imperméables de la sociétaire du Club pugilistique chaunois dont la défaite provoqua un flot de larmes. Qu’importe tant ces deux-là ont montré qu’elles pouvaient, l’une et l’autre, nourrir des ambitions sur la scène internationale.
 
 
Sedia Sanogo
 
Ce qui n’est pas encore le cas de la majorité des finalistes, voire de certaines championnes de France fraîches émoulues, encore bien loin des standards du haut niveau. C’est que toutes ne maîtrisent pas l’ensemble des fondamentaux du noble art en compétition. Soit par inexpérience car novices dans la discipline, soit parce que c’est en forgeant que l’on devient forgeron et que l’acquisition des subtilités technico-tactiques est forcément longue et nécessite de remettre cent fois l’ouvrage sur le métier. Hormis Barbara Havet (-60 kg), qui ne s’est pas contentée de faire de la résistance pour la galerie mais a montré des prédispositions encourageantes, et, à un degré moindre, Sharon Francillette (-75 kg), la relève tarde à se dessiner.
 
Deux ans pour être candidates au podium olympique
 
Un bilan en clair-obscur dans la mesure où la base des pratiquantes semble se densifier avec, cette année, un nombre d’inscrites aux championnats de France en augmentation. Il convient donc, à présent et comme à chaque olympiade, de faire émerger la crème de la crème pour se distinguer aux JO de Tokyo. La tâche s’annonce, avouons-le, ardue et la Direction technique nationale s’y emploie corps et âme. D’abord en programmant de manière régulière des regroupements nationaux qui associent les membres de l’équipe de France à un collectif plus large pour créer de l’émulation, de la concurrence et que ce brassage permette d’élever le niveau de l’élite nationale dans son ensemble.
 
 
Houria Djalout
 
Ensuite, en poussant à la roue pour revoir à la hausse la capacité d’accueil du pôle France de l’Insep, ce qui ne serait pas un luxe à l’heure où le nombre de catégories olympiques devrait croître. Enfin, en ciblant encore et toujours le travail sur les carences qui empêchent certaines Tricolores de passer un cap. On parle ici d’un manque de continuité des actions, d’un pressing trop discontinu, d’un cadrage aléatoire, d’offensives à découvert pour cause de moyens défensifs perméables etc.
 
 
Mona Mestiaen vs. Sofia Nabet
 
Pour l’heure, les Françaises visent une participation aux JO de Tokyo. Il leur reste deux ans pour être candidates déclarées au podium.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédits photos : Pierre Cottret

 

 

 

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