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World Series of Boxing

Les Coqs sur le fil

Boxe professionnelle
Le 07 Avril 2018

 

Le 6 avril, dans leur antre de la Salle Wagram, à Paris, les Fighting Roosters ont frisé la correctionnelle devant Italia Thunder. Ils n’ont en effet triomphé qu’à l’issue de l’ultime confrontation (3-2). L’essentiel est donc sauf avant d’aller rendre visite aux Anglais lors de l’ultime journée de la phase régulière de la WSB.
 
 
Martin Molina (-49 kg) ouvrait les hostilités devant Federico Serra. L’Espagnol, qui changeait fréquemment de garde, s’efforçait de casser la distance en plaçant des séries en crochets et tout en puissance, au corps puis à la face. Doté d’une allonge légèrement supérieure, l’Italien répliquait avec sa droite. Quand bien même était-il moins actif et incisif que l’Ibère, il avait pour lui la précision et une boxe bien en ligne avec beaucoup moins de déchet. Le coin du Transalpin l’enjoignait d’ailleurs d’enfoncer le clou en avançant à son tour et en donnant son jab pour déclencher le premier au lieu de remiser sans cesse. Il s’y employait à partir de la troisième reprise sans pour autant se désunir. Certes, Martin Molina ne faiblissait pas et continuait de durcir les échanges de près mais il s’exposait à l’excès à force de négliger les moyens de défense comme en attestait son nez en sang. Sa plus grande activité ne suffisait pas face au style plus rigoureux de Federico Serra qui s’adjugeait, sur le fil, les faveurs de la majorité des juges (48-47, 49-46, 47-48).
 
 
 
 
 
 
Dans ces conditions, le coq Samuel Kistohurry savait ce qu’il avait à faire : empêcher les visiteurs de faire le break. Pour cela, après une minute passée à jauger Francesco Grandelli, il lâcha les chevaux dans le deuxième opus. Ses longs segments déployés sous tous les angles faisaient mouche puisque le Turinois était compté dans le même round. Plus puissant, plus rapide et plus varié dans ses combinaisons, le Français prenait l’ascendant. Cependant, son adversaire tournait et s’accrochait dès qu’il y avait péril en la demeure, ce qui avait pour effet d’anesthésier quelque peu le Bordelais. Lequel se faisait sermonner par Brahim Asloum qui lui demandait prestement de retrouver ses jambes mais aussi de toucher et de sortir immédiatement pour ne pas se laisser engluer. Le Français s’exécutait. Néanmoins, il s’extirpait péniblement de ce faux rythme qui l’empêchait d’asseoir plus nettement sa domination. Certes, il se laissait parfois trop enfermer dans les cordes et n’était pas toujours suffisamment entreprenant. En revanche, c’est lui qui délivrait les coups les plus nets, synonymes de succès logique à l’unanimité (50-45, 50-44, 48-46).
 
 
 
 
 
 
Les compteurs de nouveau à égalité, le longiligne Hassan Amzile (-64 kg) devait, comme souvent entre seize cordes, relever le même défi : exploiter son allonge supérieure pour garder à distance son opposant du soir, en l’occurrence le trapus Paolo di Lernia. Il s’y évertuait non pas en restant statique pour remiser mais en avançant pour prendre l’initiative. Malheureusement, il se faisait surprendre et compter dès l’entame du deuxième round. L’Italien n’en demandait pas tant et durcissait le combat dans l’espoir d’en finir. Doté d’une technique bien moins léchée que le Rueillois, il mettait en revanche du cœur à l’ouvrage, assénant des crochets de partout tout en essayant de saper le Francilien au corps. Moins puissant, l’ancien champion de France amateur reprenait des couleurs dans la troisième reprise, profitant d’une baisse de régime de l’Azzuri qui, à force de chercher un second souffle, en oubliait de lever les mains. Dans la quatrième, la punition ne se fit pas attendre : les coups à la godille assénés avec l’énergie du désespoir n’empêchèrent pas Paolo di Lernia de poser un genou à terre après avoir encaissé une droite de plein fouet. Hassan Amzile poursuivait alors son cavalier seul que le pointage consacrait sans discussion (49-45, 49-46, 50-45).
 
 
 
 
 
La délivrance est venue des poings de Kristiyan Stefanov Dimitrov
 
 
Pour sa première participation en WSB, Clément Hong Sik Kee avait la lourde tâche d’offrir la victoire aux Fighting Roosters sous peine de mettre Italia Thunder en bonne position pour décrocher la timbale. Or, au premier coup de gong, on sentit d’emblée le Mosellan crispé et pris par l’enjeu. En face, l’Irlandais Caoimhin Agyarko, lui aussi néophyte en WSB, n’avait pas d’états d’âme. Ses coups lourds, simples mais efficaces, mettaient le Français sous l’éteignoir. Les encouragements de Brahim Asloum - « On y croit ! Tu vas trouver la solution ! Marche sur lui ! » - ne changeaient rien à l’affaire. Le visage en sang du Tricolore dès la deuxième reprise attestait de la supériorité du Britannique, nettement plus sûr de lui, plus puissant aussi. La vaillance de Clément Hong Sik Kee était louable mais insuffisante pour inverser la vapeur. Non seulement il s’empalait sur les directs du bras avant de Caoimhin Agyarko mais il ne réussissait jamais à enchaîner véritablement pour déborder son rival. Pire, sa main gauche trop basse l’exposait inutilement et il se faisait compter dans le second opus après avoir été touché à la tempe. Bis repetita dans le quatrième, ce qui incitait Mohamed Boulakhras à avoir la sagesse de jeter l’éponge.
 
 
 
 
 
 
Une fois n’est pas coutume, c’est aux poids lourds qu’il revenait de décider de la tournure de la rencontre. Le Bulgare Kristiyan Stefanov Dimitrov avait donc le destin des siens entre ses poings. Pour tenter de le forcer et de défaire Luca D'Ortenzi, il attaquait d’entrée sans commettre de pécher d’orgueil qui l’eut fait se découvrir. Son allonge supérieure l’incitait à prendre l’initiative à distance avec son bras avant pour ensuite passer sa droite. Et quand il se rapprochait, il en faisait de même avec des gauches-droites au visage. Sn entreprise était facilitée par les largesses défensives de l’Italien qui en décousait les mains basses. Si bien que même lorsqu’il se montrait entreprenant, le Transalpin se faisait durement contrer. Toujours aussi constant, le Bulgare continuait de mener le combat sans chercher à faire le spectacle mais en tirant partie de la moindre ouverture. Il martelait consciencieusement les flancs de son contradicteur pour ensuite mieux remonter à la tête, ses crochets trouvant fréquemment leur cible. Son probant succès (49-46, 50-45, 50-45) délivrait ses partenaires, lesquels seront toujours en position de conserver la première place de leur groupe, le 14 avril, sur les terres des British Lionhearts. A condition, toutefois, de montrer d’autres dispositions devant les sujets de Sa Gracieuse Majesté.
 
 
 
 
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit photos - Karim de la Plaine

 

 

 

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