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World Series of Boxing

Les Coqs défaits

Boxe professionnelle
Le 15 Avril 2018

 

En s’inclinant sur le fil (3-2), le 14 avril, à Newport, les Fighting Roosters ont cédé la première place de leur groupe à leurs meilleurs ennemis. Ils affronteront Italia Thunder en quart de finale des World Series of Boxing (WSB).
 
 
Les Fighting Roosters avaient affaire à une escadrille britannique amputée de certains de ses meilleurs éléments qui s’en étaient allés en Australie disputer les Jeux du Commonwealth. Ainsi, en mouches, le double champion d’Europe, le Bulgare Daniel Asenov, prenait d’emblée la mesure du jeune et frêle Will Cawley, rapidement dépassé par la puissance de son adversaire. Plus actif et plus fort physiquement, le visiteur passait à satiété ses crochets qui atteignaient sans difficulté leur cible. Son pressing et ses enchaînements contraignaient l’Anglais à s’accrocher systématiquement, quitte à écoper d’un avertissement dans la troisième reprise. Toujours aussi explosif et actif, le Bulgare poursuivait son cavalier seul et malmenait son rival qui, en dépit de quelques velléités offensives, était en mode survie jusqu’à l’ultime coup de gong. Une suprématie que les juges, de manière assez surprenante, ne consacraient pas largement sur leurs bulletins quand bien même accordaient-ils la victoire (48-46, 49-45, 48-46) à Daniel Asenov.
 
Le récital de Sofiane Oumiha
 
Sofiane Oumiha (-60 kg) lui succédait sur le ring avec la mission de faire le break devant le Biélorusse Dzmitry Asanau. Sans se précipiter, le champion du monde entamait son récital sans trembler. A sa manière, c’est-à-dire en misant sur son exceptionnelle vitesse de bras, son coup d’œil et son sens de l’esquive. Il marquait les touches qu’il fallait, soit en déclenchant à distance, soit par des séries de près, à chaque fois en s’exposant a minima. Pourtant, les juges octroyaient inexplicablement la deuxième reprise au Biélorusse qui, s’il est un styliste, était inférieur au Tricolore dans tous les domaines. Le seul tort du Toulousain était d’avoir parfois la main gauche un peu basse, ce qui permettait à son rival de passer très ponctuellement son bras arrière. Mais rien qui n’empêchait le capitaine des Fighting Roosters d’asseoir son ascendant technique, notamment avec sa droite chirurgicale. Heureusement, le corps arbitral n’en disconvenait pas et le déclarait vainqueur (49-46, 49-46, 49-46).
 
En welters, Kévin Julien Bertogal ne partait pas favori devant Carl Fail, vice-champion d’Europe des -22 ans, l’année dernière. Le fait de n’avoir rien à perdre ainsi que son inaltérable courage s’avéraient néanmoins rapidement de bien maigres atouts contre le très longiligne Anglais. En effet, le Français laissait son vis-à-vis boxer à sa distance et, de surcroît, ne se montrait pas suffisamment actif pour empêcher le sujet de Sa Gracieuse Majesté de travailler avec son bras avant pour, ensuite, passer sa gauche. Il ne faisait pas montre d’une agressivité suffisante. Si bien que le fausse-garde anglais n’était jamais inquiété et gérait les affaires courantes en exploitant son allonge nettement supérieure mais sans chercher outre mesure à briller. Les hostilités se poursuivaient sans que rien ne change avec, à la clef, une défaite on ne peut plus logique pour le clan français (50-45, 50-45, 50-45).
 
Mamadou Bakari Diabira n’a pas trouvé la solution
 
Le duel sans contexte le plus attendu de la soirée mettait aux prises, en mi-lourds, Mamadou Bakari Diabira au triple champion d’Europe et médaillé mondial, l’Irlandais Joseph Ward. Ce dernier procédait comme à son habitude, les mains basses, systématiquement à distance et sans cesse sur les jambes. Le reste était affaire de coup d’œil, de jaillissements, de mouvements du tronc et de jabs du droit. Tout ce qu’il fallait pour enrayer la boxe du Val-de-Marnais qui ne parvenait pas à cadrer le Britannique ni à avancer franchement pour imposer un bras de fer en corps à corps. Quelque peu dépité, ne se libérant pas autant qu’il l’aurait dû, le Francilien, anesthésié par le style imprévisible et mouvant de son contradicteur, ne trouvait à l’évidence pas la solution tactique. L’air de rien, le fausse garde au trèfle enchaînait rarement mais touchait quand et comme il le voulait, tantôt en crochet droit, tantôt en direct du gauche, ses séries ne dépassant jamais trois techniques. Paradoxalement du grand art qui faisait même vaciller l’ancien champion de France amateur dans le quatrième round avant que ce dernier ne soit arrêté par l’arbitre dans le suivant après avoir été cueilli au foie.
 
Les deux équipes étant alors à égalité, la cinquième confrontation était décisive pour décider de l’issue de ce Crunch pugilistique et, par voie de conséquence, du classement final de la poule. Or, le super-lourd roumain Mihai Nistor n’avait pas franchement les faveurs des pronostics devant Solomon Dacres, nettement plus grand et sachant, lui, boxer en ligne. Néanmoins, il ne se démontait pas et harcelait l’Anglais pour passer ses crochets larges et lourds. Il y parvenait par intermittence mais c’est le local qui, par sa technique nettement supérieure, prenait l’avantage. Plus précis et plus varié, il annihilait les initiatives du Roumain avec ses uppercuts, ses directs du gauche et ses enchaînements des deux mains. Le fausse garde de Bucarest, trop limité dans la maîtrise des fondamentaux du noble art, se jetait inconsidérément à l’abordage, de manière désunie d’autant que ses coups étaient trop téléphonés pour être décisifs et inverser la vapeur. Sans compter une condition physique qui lui faisait chercher son second souffle dès le quatrième round et, pour couronner le tout, un avertissement pour tête en avant, dans l’ultime opus. Solomon Dacres n’avait qu’à se montrer vigilant et profiter des largesses défensives de son opposant du soir pour finir en trombe (50-44, 49-44, 50-43) et offrir la victoire finale aux British Lionhearts.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit photos - Karim de la Plaine

 

 

 

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