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Boxe professionnelle

La surprise Hadjouis

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Le 02 Mai 2018

 

Adel Hadjouis (10 v, 1 n, 6 d) a fait sensation en détrônant sans discussion, à l’unanimité des juges (97-93, 98-92, 99-91), le champion de France des super-coqs, Sofian Bellahcene (8 v, 3 n, 14 d), le 27 avril, à Massy.
 
 
La première reprise offrait un scénario plutôt prometteur. Le challenger avançait, délivrait des coups secs mais n’enchaînait guère, ses offensives se limitant, pour l’essentiel, à des gauches-droites, souvent en crochets larges aux flancs. En face, le tenant se plaisait à boxer sur les jambes et à tourner les mains basses dans l’espoir de faire déclencher son rival pour mieux le contrer. Un panache louable mais contre-productif. En effet, le champion était trop perméable défensivement et se faisait trop fréquemment toucher, ses esquives du buste étant trop lentes pour lui permettre de sortir indemne des échanges. En outre, il éprouvait des difficultés à cadrer suffisamment son adversaire, si bien qu’il donnait plus l’impression de subir que de prendre l’ascendant. Tout le contraire d’Adel Hadjouis, plus entreprenant et plus précis. De fait, le Reuillois travaillait de manière très sobre et simple mais efficace. Veillant à ne pas se découvrir ni se jeter, il donnait très classiquement son gauche, n’oubliait pas de délivrer quelques uppercuts en chemin et ne se désunissait pas dans les corps à corps. Seul bémol, une propension à lâcher son bras arrière d’un peu trop loin, lequel arrivait donc en bout de course.
Sans atteindre des sommets d’intensité, les débats étaient plaisants mais les accélérations des deux protagonistes étaient trop sporadiques et trop courtes pour faire lever les foules. De manière surprenante, Sofian Bellahcene persistait dans sa stratégie en mouvement. Problème : les rounds passaient et il n’était toujours pas le plus actif sur le ring, loin s’en faut, d’autant que le Francilien, qui n’en demandait pas tant, parvenait assez aisément à lui couper la route et à marquer de précieux points. Un faux rythme qui convenait parfaitement au Reuillois qui, les mains bien hautes pour mieux bloquer, tissait lentement mais sûrement sa toile tel un imperturbable métronome. S’il n’avait pas franchement intérêt à emballer le match, on ne comprenait pas pourquoi l’Azuréen, lui, ne s’y risquait pas et ne jouait pas son va-tout d’autant qu’il ne paraissait pas réellement émoussé physiquement. Certes, il prenait parfois l’initiative mais de manière discontinue, ce qui permettait à son opposant d’effectuer tranquillement les pas de retrait ou de côté pour parer les offensives de l’Aixois. Dans ces conditions, la victoire Adel Hadjouis sonnait comme une évidence sur les bulletins des juges.
 
 
 
 « Adel est plus serein et a pris de l’expérience »
 
Entraîneur du champion déchu, Jean-Patrick Le Maître reconnaissait d’ailleurs que son protégé avait été hors sujet : « Sofian a failli tactiquement. Il n’a jamais attaqué. Il n’a fait que défendre et se déplacer sans contre-attaquer. C’est d’ailleurs souvent ce qui lui manque. Et les rares fois où il a été le premier en action, il a ensuite reculé. » Redouane Asloum, coentraîneur du nouveau roi de France, lui, ne pouvait que se féliciter de la performance du sociétaire du BC de Rueil qui, faut-il le souligner, n’avait plus boxé depuis un an : « Adel a fait le combat que je voulais. Il a reproduit exactement ce que nous avions répété à la salle, en l’occurrence, attaquer le premier et être capable de tantôt avancer, tantôt reculer. Depuis deux ans, il est plus serein et a pris de l’expérience. Mais il reste encore du travail. Il faut notamment qu’il soit plus dur et qu’il donne des séries plus intenses. Ce n’est pas encore le moment de penser à l’Europe. Avant, il faut qu’il remette sa ceinture deux ou trois fois pour confirmer. »
 
Alexandre Terrini

 

 

 

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