Les championnats du monde AIBA masculins se dérouleront, du 24 octobre au 6 novembre, à Belgrade, en Serbie. L’équipe de France y concourra avec l’ambition de repartir du bon pied après sa récente déconvenue olympique.
« Ces championnats du monde marquent le début d’une nouvelle ère ou, à tout le moins, un nouveau départ », explique, en préambule, Malik Bouziane, entraîneur national en charge de la filière masculine. Et ce, à plusieurs titres puisque pour la première fois de l’histoire de la compétition, des prize money seront remis aux médaillés. Ceux qui décrocheront l’or percevront, en effet, la bagatelle de 100 000 dollars, ce qui a de fortes chances d’attirer davantage de pros enclins à tenter leur chance. Sachant, en outre, qu’il y aura treize catégories au programme, soit plus qu’aux Jeux olympiques

En Serbie, Malik Bouziane conduira une équipe composée de six éléments forts. Ce qui signifie que la Direction technique nationale (DTN) a fait le choix de ne pas envoyer un athlète par catégorie mais seulement des pugilistes médaillables ou, a minima, en capacité de se qualifier pour les quarts de finale. C’est en effet, là, un critère essentiel pour prétendre figurer dans le groupe Élite sur la liste des Sportifs de haut niveau (SHN) du ministère. « Ce n’est pas lors d’un championnat mondial que l’on prend véritablement de l’expérience, justifie Malik Bouziane. Il y a plein de tournois internationaux et de stages qui sont faits pour ça. Cela ne sert à rien d’emmener des personnes dont on sait à l’avance qu’elles ne passeront qu’un ou deux tours. C’est une perte de temps, d’énergie et d’argent. »
L’objectif assigné à l’escouade tricolore est de ramener a minima une médaille et de placer au moins deux autres de ses membres en quarts de finale dans un contexte de concurrence planétaire de plus en plus relevé. Le tout à même pas trois ans des JO de Paris dont la préparation a déjà commencé.
La troupe tricolore alignée en Serbie associe trois éléments plus expérimentés - Bilal Bennama, Samuel Kistohurry et Sofiane Oumiha - qui étaient en lice lors des derniers JO de Tokyo et trois autres - Lounes Hamraoui, Moreno Fendeiro et Soheb Bouhafia - qui disputeront leur premiers Mondiaux. Présentations avec l’entraîneur national.
- 54 kg : Bilal Bennama (Blagnac BC)

« On sait que Bilal possède les qualités pour performer au plus haut niveau. Il a également pour lui une expérience certaine dans la mesure où il a déjà participé à toutes les compétions internationales de référence. A lui d’être vraiment déterminé et de se remettre en question. Il devra notamment faire preuve de vigilance lors de ses sorties d’actions pour ne pas s’exposer alors qu’il a tendance à avoir le bras avant un peu bas. »
- 57 kg : Samuel Kistohurry (Ussap Boxe)

« Samuel est une valeur sûre du groupe. Non seulement il est arrivé à maturité mais il est très fort physiquement pour la catégorie. Après sa déconvenue à Tokyo, il a bien rebondi au tournoi de Bosnie en remportant l’or. Plus largement, il a retrouvé ses automatismes et ses marques afin de faire le plein de confiance. A lui d’être vigilant, de prendre tous ses adversaires au sérieux et de ne pas avoir les mains trop basses. Auparavant, il avait tendance à beaucoup boxer en force. Désormais, il éprouve d’autres sensations en étant plus mobile. »
-60 kg : Sofiane Oumiha (Boxoum)

« Sofiane a fait le choix de retrouver sa vraie catégorie, celle dans laquelle il avait été sacré champion du monde en 2017. C’est en effet à ce poids que le rapport vitesse-puissance lui est le plus favorable. Il faut qu’il reste moins dans l’axe. A l’image de Bilal et de Samuel, il a soif de revanche suite à sa mésaventure au Japon. Il a indéniablement retrouvé du plaisir à boxer et a conservé sa gestuelle. Bref, les feux sont au vert et je suis convaincu qu’il peut de nouveau tirer son épingle du jeu en -60 kg. »
-63,5 kg : Lounes Hamraoui (Le Noble art de Rouen)

« Longtemps handicapé sur le plan physique à cause d’une pubalgie, Lounes poursuit sa progression. En attestent les médailles qu’il a remportées lors de la plupart de ses sorties sur la scène internationale au cours des six derniers mois. Sans compter sa défaite d’un rien aux championnats d’Europe des -22 ans face au futur médaillé d’or. Il est capable de surprendre, sa mobilité, sa rapidité et sa vista étant ses points forts. Mais, pour créer l’exploit, il lui faudra être à 200 % mentalement. Il a en effet encore trop tendance à se mettre juste au-dessus de ses adversaires et à ne pas être suffisamment actif, ce qui prête le flanc à des décisions arbitrales serrées et parfois en sa défaveur. »
-75 kg : Moreno Fendero (Boxe chartraine)

« Il est capable du meilleur comme du moins bon. Il est impératif qu’il soit plus actif et agressif. En effet, il n’a pas le choix : il faut qu’il s’impose. Il a un gabarit impressionnant qui fait peur à ses adversaires. Mais quand ces derniers voient qu’il ne l’exploite pas, ils prennent leurs aises et s’installent dans le combat. Il est donc essentiel que Moreno prenne l’habitude de gagner le premier round. »
-92 kg : Soheb Bouafia (ABC Roubaisien)

« Suite à son opération à l’épaule, Soheb est bien revenu même s’il n’a pas encore retrouvé toute sa mobilité. Il a récemment montré des choses intéressantes, notamment en étant médaillé de bronze aux derniers championnats du monde militaires. Il possède de réelles qualités techniques, notamment un bon direct du bras avant. En revanche, il lui faut veiller à ne pas se jeter et à éviter les accrochages. Et, sur le plan offensif, il ne doit pas hésiter à prendre l’initiative et à être le premier en action tout en évitant d’être sur le reculoir. Soheb a un bagage technique qui lui permet de s’adapter à divers styles. »